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La Dre Marie-Renée B-Lajoie cumule les casquettes : associée chez McKinsey & Company, urgentiste et mère. Elle met à profit toutes ces expériences dans ses travaux sur la santé des femmes. Co-auteure du nouveau rapport de McKinsey intitulé « Combler l’écart en matière de santé des femmes : une opportunité de 37 milliards de dollars pour le Canada », elle estime que les conclusions révèlent à la fois un défi urgent et une occasion extraordinaire.

« Améliorer la santé des femmes est le prochain défi à relever pour que toutes les femmes de notre pays puissent réaliser leur plein potentiel », affirme la Dre B-Lajoie. « Et ce rapport n’est qu’un début. »

Un front au point mort vers la parité des sexes

Le Canada est reconnu depuis longtemps comme un chef de file en matière d’égalité des sexes. Pourtant, comme le souligne la Dre B-Lajoie, les progrès vers la parité ont ralenti et la santé des femmes demeure un aspect négligé. La nouvelle analyse du McKinsey Health Institute révèle que les femmes au Canada passent 24 % de plus de leur vie en mauvaise santé que les hommes, souvent pendant leurs meilleures années de travail. « Nous vivons longtemps, mais ce temps n’est pas forcément consacré à une bonne santé », explique-t-elle.

Nombreux sont ceux qui pensent que cet écart est principalement dû à des problèmes de santé reproductive ou liés à la ménopause, mais les données révèlent une autre réalité : moins de 5 % de cet écart est imputable à des problèmes de santé sexuelle et reproductive. Les principaux facteurs sont le cancer, les maladies cardiovasculaires et les troubles mentaux et cérébraux – des affections qui touchent les femmes différemment des hommes, ou de manière disproportionnée.

L’effet domino – des ménages à l’économie

La Dre B-Lajoie illustre ce problème par un exemple simple : prenons l’exemple de « Jenny, à Sudbury », une mère active souffrant de migraines récurrentes.

« Lorsqu’elle ne se sent pas bien, elle ne peut pas s’occuper de ses enfants, ne peut pas aller travailler et peut rencontrer des difficultés financières », explique la Dre B-Lajoie. Avec le temps, ajoute-t-elle, les répercussions peuvent atteindre les familles, les communautés et l’économie dans son ensemble.

Les chiffres le confirment. Combler les inégalités en matière de santé des femmes pourrait ajouter 37 milliards de dollars par année au PIB du Canada d’ici 2040, soit l’équivalent du PIB total des secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse du pays. Ce constat souligne l’ampleur du potentiel perdu lorsque la santé des femmes est négligée.

Une semaine de santé pour chaque femme

Selon les conclusions de McKinsey, améliorer la santé des femmes pourrait offrir à chaque Canadienne une semaine supplémentaire de bonne santé par année.

« Imaginez un peu », dit la Dre B-Lajoie. « Plus de vingt millions de femmes – chacune avec une semaine de plus où elle se sentirait en pleine forme, active et capable de participer pleinement à la vie sociale. C’est une véritable transformation. »

La voie à suivre : données et coordination

Interrogée sur le domaine où le changement aura le plus d’impact, la Dre B-Lajoie est catégorique : il faut commencer par les données.

« Si nous ne savons pas ce que nous corrigeons et si nous ne mesurons pas l’impact, nous serons dans le flou », affirme-t-elle, en soulignant que seulement 7 % du financement de la recherche canadienne est actuellement consacré à la santé des femmes. Au-delà de la recherche, elle souligne la nécessité d’une approche coordonnée et mobilisatrice, reliant les systèmes de santé, les milieux de travail, les investisseurs, les décideurs et les citoyens.

« Quand on constate que la valeur provient de nombreux leviers différents – de conditions et d’intervenants très divers – cela signifie qu’une action cohérente et concertée s’impose », explique-t-elle. « Il faut donc former des coalitions et assurer une coordination efficace.»

De la sensibilisation à l’action

Pour la Dre B-Lajoie, le moment est venu de faire preuve de leadership.

« Nous sommes la génération qui n’a plus à se battre pour le droit de vote ou pour ouvrir un compte bancaire. Il est temps maintenant de se battre pour notre santé », déclare-t-elle. « Le Canada possède le talent, les capacités et le pouvoir nécessaires pour mener ce combat.»

Alors que le Collectif pour la santé des femmes Canada tire parti de ces constats pour sensibiliser la population canadienne aux répercussions économiques et humaines de la santé des femmes, cet effort est rendu possible grâce au soutien de partenaires comme Desjardins Assurances, Hologic Canada et Organon Canada – des organisations qui partagent la conviction qu’investir dans la santé des femmes, c’est investir dans l’avenir du Canada. « Chez Desjardins, nous croyons fermement que chaque femme mérite d’être soutenue en matière de santé, de bien-être et de sécurité financière, à chaque étape de sa vie », affirme Chantal Gagné, première vice-présidente, Assurances vie et santé, Desjardins. « Ensemble, nous contribuons à bâtir un avenir où les femmes se sentent soutenues. »

La Dre B-Lajoie espère que ce rapport contribuera à lancer un effort national soutenu.

« Chaque semaine de santé supplémentaire pour les Canadiennes se traduit par une vie améliorée et des communautés renforcées », dit-elle. « Nous y gagnons tous si nous nous engageons. »