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All Articles · 15 juin 2026

La santé des femmes a une grande incidence sur leur vie, leur carrière et leurs plans d’avenir

L’enjeu de la santé des femmes est souvent abordé exclusivement sous l’angle des soins, de la recherche scientifique et de l’accès aux traitements. Pourtant, de plus en plus d’observateurs font remarquer que l’enjeu ne se limite pas aux soins, car il convient aussi d’examiner ce qu’une bonne santé veut dire sur le plan de la […]

L’enjeu de la santé des femmes est souvent abordé exclusivement sous l’angle des soins, de la recherche scientifique et de l’accès aux traitements. Pourtant, de plus en plus d’observateurs font remarquer que l’enjeu ne se limite pas aux soins, car il convient aussi d’examiner ce qu’une bonne santé veut dire sur le plan de la capacité des femmes à participer pleinement au monde du travail et à s’épanouir dans leur vie personnelle.

 

Lorsque des femmes se heurtent à des obstacles en matière d’accès aux soins, reçoivent des diagnostics tardifs ou ont des problèmes de santé chroniques, les effets se font sentir sur une foule d’autres aspects de leur vie, comme l’avancement professionnel, la stabilité des revenus, les responsabilités d’aidante naturelle, la planification financière et la stabilité financière à long terme. Ces effets ont une incidence plus générale sur les femmes, sur leur famille, sur leur collectivité et sur l’économie dans son ensemble.

 

Selon un rapport du McKinsey Health Institute, les femmes au pays passent 24 % plus de temps en mauvaise santé que leurs homologues masculins. En réduisant cet écart, le pays pourrait dégager 37 milliards de dollars par an en PIB d’ici 2040. De nombreux problèmes ou affections qui ont la plus grande incidence sur les disparités en matière de santé entre les hommes et les femmes touchent particulièrement les femmes pendant leurs principales années de travail, ce qui a un effet sur leur carrière, leurs revenus et leur résilience financière.

 

En d’autres termes, les disparités en matière de santé n’ont pas seulement un effet sur les résultats de santé. Elles ont aussi un effet sur la capacité des femmes à participer au marché du travail, à atteindre un bon niveau de stabilité financière et à planifier leur avenir.

 

Ces données donnent une dimension quantitative à ce que beaucoup de femmes comprennent intuitivement, à savoir qu’il y a un lien étroit entre la santé et le bien-être financier. Dans bien des cas, la difficulté à surmonter n’est pas le problème de santé en soi, mais plutôt le fait que les systèmes de santé et les milieux de travail n’ont traditionnellement jamais eu une bonne compréhension des réalités des femmes du point de vue de la santé et tardent à corriger le tir.

 

Il s’agit d’une des idées centrales présentées dans le Plan d’action : Diriger pour combler l’écart, élaboré par l’Association canadienne pour l’équité en santé des femmes en association avec le McKinsey Health Institute, ainsi que des expert·es et partenaires de partout au pays, et Desjardins Assurances, partenaire en sensibilisation du public.

 

Le Plan d’action présente des mesures concrètes qui visent à combler les écarts en matière de santé des femmes et à renforcer les systèmes de santé, les milieux de travail et les soutiens qui ont une incidence sur la vie des femmes. En tant que partenaire en sensibilisation du public pour le Plan d’action, Desjardins Assurances a offert son soutien à l’initiative pour souligner le lien de plus en plus clair entre la santé des femmes, la solidité de leur situation financière et leur qualité de vie à long terme.

 

En ce qui a trait au lien entre santé et prospérité des femmes, Amélie Gagnon, vice-présidente, Transformation et Produits, Desjardins Assurances explique : « Le lien entre les deux est clair et indubitable.

 

Lorsque des femmes ont des problèmes de santé, qu’il s’agisse de problèmes de santé mentale, du cancer, de la ménopause ou des responsabilités d’aidantes, ces difficultés vont vite avoir une incidence sur leur travail, la stabilité de leurs revenus et leur capacité à gérer leurs dépenses quotidiennes. »

 

Les problèmes de santé mentale, les responsabilités d’aidante, les affections chroniques, le cancer, la ménopause et d’autres réalités propres à certaines étapes de la vie ont forcément un ensemble d’effets sur le cheminement de carrière des femmes et sur leurs décisions financières. Souvent, ces effets sont graduels plutôt que spectaculaires et prennent différentes formes : décision de travailler moins d’heures, avancement professionnel au ralenti, niveau de stress élevé, efforts d’épargne en dents de scie qui retardent l’atteinte des objectifs, manque de temps pour la planification financière ou inquiétude grandissante quant à l’avenir. À long terme, ces différentes pressions exercent un effet insidieux sur la résilience financière des femmes et sur leurs possibilités d’enrichissement.

 

Beaucoup de problèmes de santé à l’origine de l’écart ont un effet direct sur la vie professionnelle des femmes et sur leurs responsabilités d’aidante. Les problèmes de santé hormonale et la ménopause sont un parfait exemple de cette réalité, car ils se manifestent souvent pendant les années où les femmes sont au sommet de leur carrière et ont atteint leur plus haut niveau salarial et niveau de responsabilités.

 

Des études citées dans le Plan d’action indiquent que 95 % des femmes au pays présentent des symptômes de la ménopause au cours de leur vie, lesquels ont souvent une grande incidence sur la vie professionnelle, les revenus et le cheminement de carrière. Cette affection très fréquente a donc des conséquences sur le bien-être des femmes, leur confiance et leur participation au marché du travail, même s’il s’agit de symptômes pour lesquels il existe des traitements efficaces. Malheureusement, encore beaucoup de femmes ne savent pas que ces traitements existent ou y ont difficilement accès.

 

Plus généralement, de nombreux facteurs qui déterminent le niveau de santé des femmes ont aussi une influence sur leur travail, leurs responsabilités familiales et leur situation financière au cours de leur vie.

 

Par exemple, environ 52 % des femmes s’occupent d’un enfant ou d’un adulte, et parmi celles-ci, 64 % consacrent plus de 20 heures par semaine à ces responsabilités.

« Ce rôle d’aidante naturelle, qui est souvent très exigeant, nécessite beaucoup de temps et d’énergie, temps et énergie qui ne sont alors plus disponibles pour la gestion des finances. La capacité des femmes de prendre des décisions en disposant de toute l’information nécessaire s’en trouve ainsi réduite », ajoute Mme Gagnon.

 

Un autre thème que ces travaux d’analyse ont mis en lumière est le rôle de la confiance dans la santé et le bien-être financier à long terme. Lorsqu’il est difficile de trouver l’information pertinente, ou que cette information prête à confusion ou est incompréhensible, on ne doit pas s’étonner qu’il soit alors plus ardu de prendre des décisions en matière de santé, de planifier ses finances à long terme et de protéger ainsi sa résilience financière.

 

Mme Gagnon l’explique en ces termes : « De l’information claire et fiable en matière de santé aide les femmes à reconnaître leurs symptômes plus tôt, à comprendre les options de traitement qui s’offrent à elles, à mieux planifier les conséquences financières éventuelles d’un problème de santé et à prendre des décisions qui cadrent avec leurs priorités personnelles. Ce type de clarté aide les femmes à prendre des décisions en toute confiance et à conserver une bonne résilience financière à long terme. »

 

Cette idée de la confiance, qu’on a longtemps sous-estimée, prend de plus en plus d’importance aux yeux des organisations, des employeurs et des assureurs qui tentent de repenser la manière dont ils offrent un soutien aux femmes à différentes étapes de leur vie.

 

Mme Gagnon fait remarquer qu’une des principales leçons du Plan d’action est que la santé des femmes est étroitement liée aux réalités du marché du travail et à la participation à la population active à long terme. « Les femmes passent plus de temps que les hommes en mauvaise santé, souvent pendant leurs années de participation au marché du travail, ce qui a un effet sur le système de santé, l’emploi, la productivité et la sécurité financière.

 

Pour apporter un soutien à la santé des femmes, il faut donc faire plus que simplement répondre aux besoins individuels. Il faut les aider sur le plan de la stabilité, de la confiance et de la capacité de s’approcher de leurs objectifs à toutes les étapes de leur vie. »

 

Combler l’écart en matière de santé des femmes ne se limite donc pas à améliorer les soins. Il s’agit aussi de mettre en place des milieux de travail, des organisations et des systèmes de soutien qui sont au diapason des réalités de la vie des femmes.

 

Le discours sur la santé des femmes a donc évolué. Nous savons maintenant qu’on ne peut s’attaquer isolément aux disparités en matière de soins de santé et qu’il faut tenir compte de l’effet de la santé des femmes sur leur participation à la population active, leur résilience financière et leur qualité de vie à long terme, facteurs qui ont eux-mêmes un effet en retour sur la santé. Il s’agit de comprendre que l’enjeu ne se limite pas à la promesse d’une meilleure santé. La lutte contre les disparités signifie plutôt plus de stabilité financière, une plus grande participation des femmes au marché du travail et une meilleure résilience dont profiteront non seulement les femmes, mais aussi les familles, les milieux de travail et l’économie dans son ensemble.

 

Mme Gagnon indique à ce sujet qu’un bon point de départ consiste à comprendre qu’il faut cesser de considérer les enjeux de la santé des femmes comme des exceptions ou des anomalies et les considérer plutôt comme un élément banal mais important de la vie personnelle et professionnelle des femmes et de leur contribution à la vie économique.

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